Covid19 : traitons la crise sanitaire en changeant de paradigme

Nous sommes à un moment crucial de ou des crises que nous vivons depuis maintenant presque un an avec l’arrivée du SarsCov2 et l’épidémie de Covid19 qui s’en est suivi a fait des ravages dans la population. L’engorgement des capacités de nos hôpitaux, que ce soit en hospitalisation ou en réanimation. Le caractère mortel de cette maladie et le manque de traitement efficace ont entrainé une crise sanitaire unique en France mais aussi dans le monde entier.

Nous avons alors confiné l’ensemble de la population pour arrêter la propagation du virus et de la maladie tout en sachant que si le Virus ne perdait pas de sa virulence et qu’aucun traitement efficace n’était trouvé, celui-ci reviendrait à la première occasion. Ce qui fut fait en octobre dès que le virus a retrouvé les conditions climatiques favorables à son développement et cette 2eme vague perdure encore aujourd’hui.

Cette deuxième vague et la nouvelle crise sanitaire ont provoqué, par effet domino, le développement de plusieurs crises simultanées économique, sociale et générationnelle.

Qu’avons-nous appris durant/de cette période ?

Que le confinement est efficace à court terme, mais ne fait que reporter le problème sans solution efficace.

Que cette 2ème vague est bien plus forte que la première, mais qu’une meilleure prise en charge globale des malades a limité les effets sur les hôpitaux et les décès.

Que c’est une maladie générationnelle qui touche en très grand majorité les personnes de plus de 65 ans : 93% des décès 70% des hospitalisations (1) depuis le début de l’épidémie.

Que cette population n’a malheureusement pas été et n’est encore pas mieux protégée au cours de cette deuxième vague que lors de la première (+ 30% de décès par rapport à la 1er vague et + de 93% des décès). (2)

Que la crise sanitaire a été peu ou pas traitée notamment par notre incapacité d’augmenter notre volume d’accueil de malades dans les hôpitaux (notamment les lits de réanimations), et de réduire cette partie de la crise sanitaire. (C’est aujourd’hui une des raisons invoquées pour ne pas rouvrir les stations de skis).

Pourquoi changer de paradigme ?

Pour la première fois depuis un an, nous avons, avec les vaccins, une solution efficace pour éviter les formes graves de la maladie et que nous pouvons et pourrons ainsi réduire l’impact sanitaire de l’épidémie et donc stopper la crise sanitaire et ses conséquences.

La vaccination est lancée mais on sait que nos capacités de vaccination jusqu’au printemps et certainement l’été resteront soumises aux livraisons plus ou moins rapides des  laboratoires.

Les populations fragiles sont clairement déterminées : les français de 65 ans et + qui représentent 20% de la population et qui continuent à mourir de la COVID dans les mêmes proportions, montrant ainsi que les mesures adoptées dans la 2eme vague ne sont pas suffisamment efficaces.

Les jeunes écoliers ou élèves, les étudiants et un grand nombre des professionnels sont aujourd’hui en souffrance et les aides économiques du gouvernement ne compensent pas tout. Ils représentent plus de 50 Millions de personnes et 75% de la population.

Il est important que cette population qui, par solidarité, a beaucoup donné en 2020 retrouve en retour la solidarité des personnes qu’ils ont cherchées à protéger. La solidarité n’est pas un don quand elle est à sens unique.

Que faire ?

Traitons la crise sanitaire

Appelons-en à la responsabilité de nos personnes fragiles car maintenant que nous possédons le moyen de ralentir l’épidémie et d’en prévenir les formes graves avec un terme en semaine ou même mois.

Demandons la même solidarité aux personnes fragiles en se confinant de manière stricte jusqu’à leur vaccination. Appelons-en à l’ensemble de la population pour qu’elle préserve le confinement des personnes fragiles.

Maintenons le télétravail pour ceux qui le peuvent, surtout pour les plus de 55 ans.

C’est avec cet effort particulier et national que nous pourrons imaginer en terminer avec la surcharge de nos hôpitaux, de faire baisser la pression de la crise sanitaire et d’utiliser ces quelques semaines et mois pour nous permettre la relance des activités économiques, sociales, culturelles et éducatives.

Et cela dès que nous en sauront plus sur les variants, qui pour l’instant ne changent en rien l’impact générationnel de la maladie.

Retrouvons notre ambition, libérons nos jeunes et nos actifs pour la relance de la vie, du travail et de l’économie.

Il y a urgence sociétale

Philippe Rouger


  • La différence entre Les décès et les hospitalisations vient du fait que la très grande partie des personnes qui sont décédées en EHPAD n’ont pas été hospitalisées (7 000 sur 22 000 décès)
  • Données Santé publique France
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