Le Virus et le Citoyen

Avec ce virus – Coronavirus -, suite à l’Allocution du Président de la République et au début du confinement, trouvez ci dessous la tribune du citoyen Michel Rouger alertant sur le danger de l’épidémie spectacle entre les pouvoirs politique et médiatique


« Nous sommes en guerre »

NON, sauf contre nous-mêmes. Nous sommes en danger.

Comme tous les êtres humains qui s’efforcent depuis des millénaires de domestiquer la nature qui leur permet de vivre sur la terre. Elle se rebiffe de plus en plus fréquemment avec les moyens dont elle dispose.

Le feu de ses entrailles, qui produit les séismes qui tuent et qui détruisent.

L’eau de sa surface qui submerge les terres occupées par les humains.

Le vent de ses tempêtes et ouragans qui détruisent les constructions humaines et attisent les feux qui les ravagent.

Les infections naturelles de ses poisons, de ses venins et de tous ses micro-organismes tueurs.

Face à ce danger, il n’y a qu’une réponse rester confinés là où on est le moins en danger.

C’est la décision de notre couple (180 années au compteur de la vie) depuis le 27 février.

Comment

Quel que soit le réel esprit de famille qui règne au sein d’une petite communauté de 30 personnes, nous avons coupé les ponts avec les 3 générations qui nous suivent.

Ni sorties ni rencontres, la vie matérielle est assurée par une aide qui fait 2 heures de courses par semaine.

La totalité des relations est assurée par les moyens du télétravail.

Les rendez-vous professionnels d’une activité conservée depuis 75 ans ont été repoussée au 19 mai.

Pourquoi faire

Pour assurer par des contacts permanents, quoique distants, la solidarité intra familiale en cas de problème.

Pour creuser les réflexions sur la transformation, entraînée par l’épreuve, sur les comportements des Français.

Voir la chronique « le printemps Républicain » publiée sur le site WEB TV L’Echo des Arènes.

Enfin, la présente réflexion n’a d’autre but que d’alerter sur le danger de l’épidémie spectacle qui joue à la guéguerre, avec les polémiques qu’entraîne la lutte d’influence que mènent au sein de l’opinion, le pouvoir politique et le pouvoir médiatique dans les démocraties modernes.

Nous allons vivre au moins 4 quinzaines pendant lesquelles le pouvoir politique et le pouvoir médiatique, chacun sur leur plateau vont faire vivre l’épidémie spectacle, avec plein de nouvelles vedettes, poudrées et peignées comme les petits Marquis de Mr de Talleyrand au congrès de Vienne en 1815 .

Le spectacle réservera ses ovations aux soignants qui feront face à leurs risques et périls. Je passe à la vraie guerre vécue, en 1940, dont personne ne viendra vous parler, si documentaire soit elle, pour ne pas troubler le spectacle.

La Quatorzaine du 10 au 24 juin 1940

Au cours de ces deux semaines la France s’est effondrée pour ne plus jamais retrouver la place qu’elle occupait qui était la fierté des Français. Elle a choisi l’exode et la soumission. Elle a rejeté la résistance face au désastre.

Je sais que la génération des petits-enfants qui gouvernent le pays n’a pas grande conscience de ce qui s’est passé autrement que dans la compassion naturelle de ce qu’ont vécu leurs grands-parents. J‘ai déjà écrit pourquoi.

Le lundi 10 juin, à St Jean d’Angély, écoles fermées, je joue à la guerre avec 3 copains, dans les tranchées creusées dans le square voisin sur la route qui voit défiler la France en plein exode. A midi on rentre écouter la radio dans la cuisine. Le jeune sous-officier aviateur qui est logé à la maison vient écouter le « poste ». Les Panzers Allemands qui occupent le quart nord-est de la France repartent pour conquérir le reste en modèle Blitz Krieg. On voit le virus de la 5ème colonne partout prêt à nous tuer avec les gaz. On réclame des masque. Paris est déclarée ville ouverte . On en voit les voitures dans l’exode qui défilent devant la maison.

A quoi rêvons nous ? la résistance sur la Loire, l’arrivée des soldats américains, un sursaut Franco- Britannique dans la conférence de Briare ? En réalité, le gouvernement dirigé par celui qui avait affirmé que « nous vaincrions parce que nous étions les plus forts », n’avait plus en dehors de De Gaulle, aucune envie de résister. Ce fut le choix de la soumission actée par l’armistice du 24 juin, qui mettra un terme à cette horrible quatorzaine.

Notre écoute a été troublée par une violente altercation entre le jeune mécano aviateur et l’aîné de mes copains, germanophile enragé à 15 ans, qui est allé mourir en 1944 sur le front Russe , dans la division Charlemagne par détestation de son père communiste.

Le mécano aviateur qui prônait la résistance à tout prix, est parti sans attendre vers Londres dans l’avion préparé pour cette fuite.

Les 2 autres copains, 13 ans en 1940, ont attendu les débarquements de 1944 pour les rejoindre à vélo. Le premier a été arrêté en Normandie et échappé au peloton d’exécution à 24 heures prés. Le second immédiatement blessé a passé plusieurs mois à l’hôpital.

La guerre c’est ça.
Du danger pour tout le monde qui peut entrainer des paniques.
Il ne faut pas jouer avec ces mots, même si les solutions apportées ont des similitudes avec celles de l’actuelle épidémie.
Une Pandémie, c’est un danger limité et variable qui peut générer des grandes peurs.
Il ne faut pas confondre Guerre et Pandémie.

Regardons ce qui s’est passé en juin 1940 , sous la dictature Nazie.

Les Anglais ont quitté l’Europe continentale pour résister chez eux.

Les Français qui les avaient accompagnés sont rentrés chez eux pour se soumettre.

Le couvre-feu a confiné les Français chez eux.

La circulation des individus a été contrôlée par les Feld Gendarmes.

L’autorisation de déplacement s’est appelée Ausweis.

Le rationnement par tickets a contingenté tous les produits raréfiés.

Et il a été interdit d’aller sur les plages.

Cherchez la différence

Certes, l’histoire ne repasse pas les plats mais elle ressert les mêmes menus.

Comme il est trop tôt pour savoir ce à quoi il faudra se soumettre et ce contre quoi il faudra résister, il faut attendre les quelques semaines utiles pour apprécier les conséquences de l’épidémie.

J’espère que les prémices de ce printemps républicain auront un effet au cours de l’été.


Michel ROUGER

Président de l’Institut Présaje

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