RESTER FRANÇAIS !

Ce texte a été écrit il y a 19 ans. Les Euro-parisiens qu’il découvre sont au pouvoir.
Ils représentent les Français, dont les Saintongeais et les Euro métropolitains.
Ils ont le devoir de rester Français, dans leur tète, Président en tète.


La Saintonge, La France et l’Europe

Saintongeais je fus, Français je reste, Euro-parisien je vis.

En trois courtes phrases, voici résumées quelques décennies, les deux tiers du XXème siècle, au cours desquels j’ai vécu deux changements d’appartenance en préservant mon identité – jusques ’à quand ?


                                                                                                                                                                          SEPTEMBRE 99

Saintongeais je fus,

Né  Charentais, douzième maillon d’une chaîne d’ancêtres  locaux, j’ai vécu « ma » Saintonge d’avant la guerre de 39-45. Rurale, provinciale, paisible, cultivée et douce à vivre cette communauté  m’a donné  le sens du temps et le goût de la réflexion ; pour agir, pas pour rêver.

Républicaine, laïque, radicale sans férocité, la vie politique locale marquée par les grandes ambitions du XIXème siècle d’une France impériale, coloniale et égocentrique a façonné ma vision de la chose publique, jusqu’au doute quant au potentiel local d’avenir et d’ambition qui m’a conduit à quitter le « pays » au début des années 50.

Français je reste,

Comme beaucoup, j’ai rejoint l’Ile de France, région locomotive d’une Nation à laquelle un Général historique imposa la certaine idée qu’il se faisait d’elle. Au cours des trente ans qui nous emmenèrent à la fin de la 3ème guerre mondiale du XXème siècle, la froide, puis à la chute de l’empire soviétique, l’effort de chacun dans tout le pays, fut de redonner à la France la place qu’elle a acquise sous la tutelle d’un Etat musclé, devenu hélas trop graisseux.

Le passeport, la carte d’électeur, la feuille d’impôts et la même loi, l’ont façonnée. Jusqu’à la cassure du début de la décennie 90, la fracture sociale négligée, l’angoisse face aux premiers effets de la globalisation du monde et du glissement de la Nation vers une appartenance européenne aux contraintes perturbatrices. Après quoi la communauté française a commencé à éclater.

Du côté riche de la fracture les « délocalisés », ceux qui conservent le passeport et la carte d’électeur, mais échappent à la feuille d’impôts et à la loi commune, du côté pauvre, des communautés identitaires qui ne reconnaissent pas appartenir à la Nation. Avec au milieu la communauté des classes moyennes, qui se déchirent entre ceux qui croient à la Nation et à la République et ceux qui croient à l’Europe et à la démocratie.

Tout ceci n’est pas encourageant et reste bien loin des envolées lyriques de la fête bleu blanc rouge,  des blacks blancs beurs, du Mondial de 1998, hier. Néanmoins, quelque soit les possibilités que m’offrent ma situation d’Euro Métropolitain, Français je reste, par attachement.

Euro-parisien je vis,

Quand je dis euro-parisien, j’entends par ce néologisme, tous ceux qui ont trouvé leur place dans un ensemble professionnel ou régional à vocation européenne ou mondiale, qu’ils soient euro-toulousain, euro-lyonnais, etc… Au milieu d’eux,  je vis au quotidien ce que préparent pour demain les « créateurs de valeurs » qui conduisent l’euro-convoi auquel le wagon France est attelé.

Jeunes, déterminés, ambitieux, ils  vivent leur appartenance à un système au point d’en oublier leur identité d’origine :

  • Anglais lu, écrit, parlé au travail,
  • Américano, italo, sino, français au resto,
  • Germano, nippo, italo, français au volant !

Tout le monde travaille sans état d’âme pour les retraités de Santa-Barbara, de la City ou d’Amsterdam, qui ont acheté les actions de nos sociétés, au retraité de Port d’Envaux, remarié avec la Veuve de Carpentras. A coups de bonus et de stock options, chacun prend ses chances et ses risques. L’attachement à la Nation est réduit au rapport qualité/prix du mode de vie à l’instant donné.

Nouveaux français, ils vivent une Euro-France qui n’existe pas encore, au milieu d’une population  qui parle encore de la France comme on a parlé longtemps en anciens francs. Sincèrement europhiles, ils sont moins sceptiques que l’euro-londonien, moins technocrates que l’euro-bruxellois et tout aussi conquérants que le futur euro-berlinois, ce qui promet pour l’avenir.

En euro-parisien, les mots de liberté, d’égalité, de fraternité sont tout aussi respectés qu’en patois saintongeais, mais ils n’ont plus le même sens car la démocratie à l’anglo-saxonne se veut plus adaptée à la réalité euro-mondiale que la République à la Française.

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C’était le bon vieux temps. C’est devenu le mauvais en 2018. Ce n’est pas affaire d’écologie

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