Comme souvent, dans les crises il faut attendre la conjonction de la mise en tension des différents acteurs de cette crise pour que l’on puisse imaginer le début d’une solution. La fin d’année 2025 et le début de 2026 semblent avoir réunies plusieurs de ces conditions.
A l’ouest, les affaires, l’hyper action et le show
Tout d’abord du côté des États-Unis où Donald Trump est dans la situation la plus difficile depuis le début de son mandat, l’affaire Epstein est une infection qui pourrait rapidement se transformer en gangrène, les quelques élections intermédiaires qui se sont produites ont vu la défaite de ses poulains et les indicateurs économiques ne sont pas bons.
Pour la première fois depuis janvier, moment de son investiture, les rangs des républicains du congrès comme du Sénat se fissure l’obligeant, fidèle à son comportement habituel, à utiliser tous les moyens à sa disposition pour détourner l’attention. Il faut occuper la scène médiatique, faire le show pour occuper le temps de cerveau disponible. C’est donc le moment de tout tenter du « plan » Vitkov pour la paix, l’enlèvement de Maduro et le lancement de la guerre avec l’Iran en sont des symboles à défaut d’en être une fin.
La guerre Russo Ukrainienne, l’affaire Maduro, l’annexation sont Groenland, les images des frappes sur Téhéran, le blocage des pétroliers et la hausse du cours du gaz sont des bons sujets pour tenir en haleine le reste du monde. Le plan de paix ne trouvant pas résolution rapide il a fallu enchainer sur « l’opération Maduro » pour occuper les médias et lancer le prochain coup sur le Groenland. Surtout après le nouveau camouflet de Poutine avec le mensonge sur l’attaque finalement fictive de drone sur sa résidence dont Trump s’est fait l’écho avant de se rendre compte que tout était faux. Et sans oublier la résistance conjointe de l’Ukraine et des Européens à un plan de paix plus proche d’une capitulation que d’un règlement de conflit.
Et l’inévitable conférence de presse sur sa vision du nouvel ordre mondial éclaire l’avenir du Monde selon Trump. Tu te soumets ou j’attaque. Que se soit au mépris du droit international mais pour l’instant encore justifiable au Etats Unis. Et puis comme cela, d’un point de vue géopolitique vis-à-vis des Russes et des Chinois, il aura réussi son opération spéciale au Vénézuéla, alors que Poutine l’a raté la sienne et que Xi n’a pas démarré la sienne.
A l’est obstination et résistance
Côté russe, la situation n’est pas glorieuse. L’économie, en dehors de l’industrie de guerre, va mal (la Russie a vendu presque 60 % de ses réserves d’or depuis 2022 pour soutenir l’effort de guerre). L’économie russe va accuser cette année un déficit de 50 milliards de dollars et Poutine a déjà annoncé une hausse de la TVA pour soutenir l’effort de guerre. En même temps l’inflation est toujours très haute et les recette du pétrole peine à rentrer.
Sur le terrain militaire, l’armée russe, plus forte en nombre et en équipements gagne beaucoup trop lentement du terrain et les dizaines de milliers de morts et de blessés mensuels vont certainement commencer à peser pour une « opération spéciale ». En février, les Ukrainiens ont lancé une contre attaque et repris plusieurs centaines de Km² de leur territoire. Et les gains de territoire facile par un accord imposé par les Américains.
La multiplication de la posture de Poutine souriant devant les caméras, multipliant les interventions tout en répétant inlassablement le même discours, ne masqueront pas longtemps je les réalités financières de son pays comme les réalités militaires dans les plaines d’Ukraine. Nouveauté, il a assuré que la Russie n’attaquera personne si elle est « traitée avec respect », considérant, que pour la respecter, il faut laisser faire la Russie ce quelle veux car elle est « la plus forte ». L’Ukraine paie aujourd’hui cher son manque de respect (par sa résistance) et l’Europe, son alliée, suit le même chemin. Dans la vision de Vladimir Poutine, il n’y pas beaucoup d’alternative. C’est soit le laissé faire, la soumission ou la corruption, soit la confrontation et la guerre. Nous y sommes et le réarmement rapide et massif de l’Europe cher à l’administration Trump perturbe visiblement les plans du Kremlin.
Pour le président de l’Ukraine, comme il l’a très bien exprimé, le choix que l’Ukraine doit se faire « entre l’indignité et la perte d’un partenaire clé », indiquant ainsi que toute résistance trop forte aux injonctions américaines pourrait se solder par le désengagement de l’administration Trump dans la résolution du conflit avec les Russes. Surtout que maintenant il est clair que Donald Trump et ses intermédiaires de négociation penchent clairement du côté de la Russie, persuadés qu’ils sont par Vladimir Poutine qu’il ne cédera jamais. Dans la logique américaine c’est donc à l’Ukraine de céder.
Combien de temps l’Ukraine pourra encore résister aux assauts russes dès lors que le pays fatigue, que les pertes sont lourdes pour les ukrainiens aussi et que les attaques des missiles et drones russes chaque nuit pèse sur le moral ? Arriveront-ils à conserver notamment la partie renseignement fournie par les Américains mêmes si ceux-ci sont désengagés dans le règlement du conflit, laissant ça aux Européens ? C’est ce que doivent déterminer l’état ukrainien et les ukrainiens avant de fixer leur choix, et la réponse à ces deux questions sont primordiales pour déterminer la hauteur des concessions qui devront être faites par l’Ukraine pour envisager une paix.
Et au milieu ça cause, ça cause mais …
Les européens, ah les européens, à la fois si nombreux, si riche et si puissant, mais aussi si lent à bouger, si frileux et si impuissant. Cette fois-ci, après avoir été écartés des discussions et des rencontres de novembre et de décembre. Surprise, en décembre, deux décisions et actions sont arrivées en faisant sauter le verrou de l’unanimité lors des votes, essentiel dans ce conflit. Le blocage maintenant définitif des 210 milliards d’avoir russes détenus dans les banques européennes et la décision de cette fin d’année 2025 d’accorder 90 milliards d’euros de prêt à l’Ukraine permet à celle-ci d’envisager l’année 2026 avec plus de sérénité pour la fourniture d’armes et de munitions qui permettent aux ukrainiens de poursuivre leur résistance et les négociations d’un futur accord de paix. Voilà l’Europe de nouveau partenaire essentiel de ce conflit.
L’ensemble des actions menées par l’Europe a eu une première conséquence, c’est que l’accord tout fait rédiger par la Russie au début décembre 2025 et validé par l’administration américaine qui aboutissait à une quasi capitulation de l’Ukraine se pliant aux diktats russes ont donné lieu à un nouveau que les russes ont refusé et les négociation n’ont pas abouti. C’est pour cela que les Dirigeants européens s’attirent aujourd’hui à la fois la colère des dirigeants russes mais aussi de leurs amis américains.
Comme toujours, c’est souvent celui qui a le plus de moyens et de temps qui gagne. A ce petit jeu, la Chine est certainement la première, l’Europe deuxième si elle continue sur sa lancée de 2025 en 2026, Viennent ensuite les Etats Unis coincés entre leur dette et la bulle financière de leur industrie numérique et enfin La Russie et l’Ukraine toutes deux au bord du gouffre.
Après une nouvelle passe difficile en 2025, notamment avec l’arrivée de Trump, les ukrainiens ouvrent 2026 certainement avec un peu plus de sérénité notamment financière. Ils savent que c’est une année décisive. Mais dans le retour de la réalité des résultats croisées économiques et militaires pour les russes et économiques et politiques pour les américains vont très vite ramener Poutine et Trump vers le bilan de leurs actions sur leurs politiques Intérieures. Cela va les pousser à agir de tous coté. L’année 2026 va être animée.
















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