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4 ans et l’Ukraine est toujours debout

La vie de la géopolitique nous offre parfois des surprises auxquelles personne ne s’attend. En février 2022, quand la Russie de Vladimir Poutine envahit l’Ukraine, personne ou presque n’y croyait et à l’époque la majorité des commentateurs et des chancelleries prévoyaient une opération éclair et une victoire rapide des Russes comme cela avait été le cas pour la Crimée.

Le Président Russe, lui-même, affirmait que son « opération spéciale » n’allait durer que quelques jours avec la prise de Kiev et que le renversement du gouvernement de l’Ukraine dirigeait le président Zelensky était déjà planifié. Mais voilà, rien n’a marché comme prévu. L’administration de Joe Biden, qui avaient l’information que cette invasion se produirait avait non seulement prévenu les Ukrainiens mais leur avait aussi donné renseignements et un premier niveau d’armements pour contrer les mouvements de troupes russes. C’est ce qui a permis de gagner la bataille sur l’aéroport d’Hostonel en éliminant les troupes d’élite Russes et évitant ainsi une prise de Kiev rapide.

Les forces Russes ont continué à avancer dans l’est ou au sud. Puis il y a eu cette période un peu trouble où des négociations étaient en cours et où l’Ukraine pouvait céder. Sur de leur victoire déjà acquise, une relative pause dans la poursuite de l’invasion a été accordée par les Russes, ce qui a donné le temps à l’Ukraine d’organiser sa résistance. Ce fait est aujourd’hui rappelé à l’envie par les dirigeants Russes comme s’ils avaient été trahis par l’Ukraine et surtout par son Président. Ici, certainement pas de complot mais plutôt un Président Ukrainien meilleur tacticien que son homologue russe.

L’Ukraine s’est alors réveillée, mobilisée et a combattu avec peu mais avec une grande efficacité, repoussant l’armée Russe « qui venait libérer l’Ukraine » au nord, à l’est et au sud. Encore une fois les premiers surpris ont été les Dirigeant Russes mais aussi les Européens de voir les colonnes de chars détruits, la retraites des soldats Russes parfois en désordre. Les dirigeants du Kremlin en ont gardé une vexation qui ne pouvait être lavé maintenant que par la victoire.

Les Américains, en bon et presque unique partenaire du moment des Ukrainiens avait vu le coup venir et étaient à la manœuvre. Ils ont rapidement été rejoint par les anglais et européens.

La contre-attaque ukrainienne a repoussé les russes au nord jusqu’à la frontière biélorusse à l’est loin de Karkif, au sud de l’autre côté du Dniepr. Comment la Grande Russie avec ses 145 millions d’habitants, son armée d’1 500 000 hommes et ses 3000 têtes nucléaires pouvaient être repoussés par les Ukrainiens ? L’armée de Vladimir Poutine n’était pas si forte finalement. Une bataille a peut-être été perdu mais la victoire de la Russie serait bientôt là, de juste une question de temps.

C’est d’ailleurs le discours répété à l’envie par le maître de Moscou qui disait encore il y a peu de temps que si l’armée Ukrainienne ne partait pas des territoires qu’il avait annexés illégalement, ils les expulseraient par la force, comme si, s’il n’avançait pas plus sur le terrain c’était par retenue voire par gentillesse. Ce même discours a été d’ailleurs souvent repris par le Président Américain qui semble toujours plutôt acquis au discours du Kremlin.

Et comme prévu, depuis 2023, après s’être restructuré, réorganiser, réarmer, l’armée de Vladimir Poutine a mis toute son énergie dans la bataille. Maintenant la victoire était proche pour garantir que la Russie était toujours la grande nation quelle était du temps de son passé soviétique. Avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les Dirigeants Russes étaient persuadés de pouvoir bénéficier, sinon d’un allié, d’un désengagement des Américains rapide et que l’Europe coincée dans sa lenteur à agir n’arriverait pas à compenser ce départ, laissant enfin le champ libre à la victoire à la Russie et de ses alliés.

De leur côté, les Ukrainiens après une courte tentative de nouvelle contrattaque, se consacrèrent à l’innovation technologique et au développement de la guerre des drones, à la construction de ligne défensive à une résistance acharnée sur le terrain. Le front s’en est trouvé presque complétement bloqué et les avancées Russes ne se font qu’au prix de pertes matériel et humaine très importante.

Les Ukrainiens, pour résister et se défendre bénéficient de l’aide des occidentaux, avec les Américains qui se sont globalement désengagés tout en restant très présents sur le renseignement et des Européens qui ont à la fois en soutien militaire et économique. Les Européens, avec une Union Européenne enfin sortie de son inaction est devenue l’empêcheuse de tourner en rond et l’acteurs essentielle des échecs répétés de Poutine et de son armée. C’est pour cela que depuis mars 2025, à chaque fois les Russes essayent de les écarter, dans l’a recherche d’un Yalta où seuls Américains et Russes décideraient, le président Ukrainien et les Européens reviennent à la charge pour modifier les accords et défendre les positions de l’Ukraine et des Ukrainiens au grand dam de Moscou.

Les Européens sont devenus les nouveaux ennemis des Dirigeants Russes, vrai changement car il y a peu encore l’Europe était toujours présentée comme faible et incapable d’agir en dehors de sanction économique visant à frapper au porte-monnaie ou en gelant des avoirs russes.

Tout ceci n’aurait pas posé de problème si la guerre n’avait pas durée et que la victoire était là. La victoire n’est toujours pas en vue, la Russie peine à financer son effort de guerre et a déjà consommé plus de 60 % de ses réserves en or en deux ans et la dette explose. Le blocage permanent, voire l’utilisation de ces fonds pour maintenir l’effort de guerre ukrainien sonnent dans la tête des dirigeants du Kremlin comme un acte de guerre. C’est pourquoi ils ont engagé de nombreuses procédures juridiques et font tout pour mettre la pression sur l’Union Européenne qui est l’actrice principale dans ce processus.

Et tous les discours, qu’ils viennent de l’est ou de l’autre côté de l’Atlantique, qui tendent à dire que l’Europe ne sert à rien dans cette affaire se heurte à la réalité d’une Europe engagée au côté de l’Ukraine. C’est elle qui détient aujourd’hui, avec les Ukrainiens de nombreuses clés dans la résolution présente et future de ce conflit. Les dirigeants russes l’ont bien compris et c’est pour cela que face à la résistance combinée de l’Ukraine et de l’Europe toute leur énergie est aujourd’hui dirigée vers le l’Administration Trump pour réussir à imposer les vues du Kremlin à l’Ukraine comme à l’Europe.

La question existentielle de la grandeur de la Russie ne peut pas être minimisée. Le président Russe ne fera pas machine arrière. Il a déjà sacrifié certainement plus d’un million de Russe, morts ou blessés dans cette affaire, il ira jusqu’au bout. Plus que deux solutions, la victoire ou l’effondrement.

L’année à mal commencé pour Poutine avec la capture de Maduro dans une opération des forces spéciales Américaines qui a réussi là où la Russie a échoué en Ukraine et avec le déclenchement de la guerre avec l’Iran qui enlève à la Russie un allié de poids.  Maintenant, et très vite, les dirigeants Russes vont tout faire pour que les États-Unis se désengage définitivement de cette guerre en retirant notamment la seule chose véritablement indispensable ukrainien qui sont les renseignements fournis, élément difficilement remplaçable par les européens. Cela va être un des enjeux de 2026 pour la Russie car rien n’indique plus que cette guerre pourra être gagné sur le terrain.

 

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